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 Le Tunnel

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Giant-kouka

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MessageSujet: Le Tunnel   Mar 1 Avr - 21:49:37

Bonjour !!
Durent la Grande guerre un terrible accident s’est produit dans ce tunnel
Avec beaucoup de soldats tués
Le nom de ce Tunnel ???
La cause de l’accident ????
La date Exacte SVP

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AAMUNCH

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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 5:49:29

salut giant

tunnel de Margival.
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Giant-kouka

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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 8:57:29

AAMUNCH a écrit:
salut giant

tunnel de Margival.
Desole JP
C'est pas Ca ! Enfait d'accident on peut qualifier Catastrophe[b]
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 10:17:57

Salut Giant
Grande Guerre tu parles de la 1 ère ?
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Giant-kouka

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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 10:21:06

FENNEC a écrit:
Salut Giant
Grande Guerre tu parles de la 1 ère ?

Salu Fenec
En effet 14-18
Giant
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 10:38:42

je pense au tunnel de Tavannes
le 4 septembre 1916 une grenade explose ou sont stockés les munitions
plus de 500 soldats tués
des 18e .24e . 367e et 369e reg infanterie et du 4e genie
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Giant-kouka

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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 13:06:49

FENNEC a écrit:
je pense au tunnel de Tavannes
le 4 septembre 1916 une grenade explose ou sont stockés les munitions
plus de 500 soldats tués
des 18e .24e . 367e et 369e reg infanterie et du 4e genie


Bien joué
Lhistoire suit
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 13:07:16

Au début de septembre, le régiment est chargé de creuser des tranchées aux abords des forts de Souville et de Tavannes, près de Verdun. Entre ces deux forts passe la ligne de chemin de fer qui va de Verdun à Metz et franchit la colline par un tunnel de 1 800 mètres de longueur appelé tunnel de Tavannes. Ce tunnel sert alors d'abri pour les hommes, les munitions, le matériel ainsi que pour une poste de secours. Les hommes du 2e bataillon du 24e R.I.T. s'y abritent entre deux corvées de tranchées. L'entrée ouest du tunnel, côté Verdun, est souvent encombrée par des bourriquots qui portent le ravitaillement. Le 4 septembre 1916, vers 9 heures du soir, ces bourricots sont particulièrement nombreux à apporter des caissons de munitions. Selon plusieurs témoignages, les bourricots auraient été effrayés par un bombardement effectué près de l'entrée. Les animaux affolés auraient alors couru vers l'intérieur du tunnel. A environ 200 mètres de l'entrée, l'un d'eux aurait rué dans un lot de grenades dont l'explosion aurait alors produit un incendie. Le feu, alimenté par de nombreuses constructions de bois et des réserves d'essence, attisé par le courant d'air, a progressé rapidement. Le tunnel est bientôt devenu une véritable fournaise dont le feu ne s'est éteint qu'au bout de trois jours. Presque toute la garnison du tunnel a été asphyxiée, le feu consumant ensuite un certain nombre de cadavres. L'ennemi, ayant vite compris qu'une explosion venait d'avoir lieu, a alors concentré ses tirs d'artillerie sur les entrées, interdisant ainsi tout secours. La catastrophe de Tavannes a fait un millier de morts, aucun des 193 Havrais qui composait le 2e bataillon du 24e R.IT. N’a survécu. »

Autre version extraite de TAVANNES Lieu historique sur la route du fort de Vaux.

« 4 septembre 1916. – La foudre éclate sans interruption, depuis hier, sur les hauteurs de Tavannes. Les roulements de canon acquièrent des sonorités étranges, comme si elles venaient d’au delà de la terre. Mais la pluie survient. Elle noie la bataille. Le silence se fait. C’est le moment même où une épouvantable catastrophe se produit dans le tunnel de Tavannes. Un dépôt de grenades, placé à l’une des issues, prend feu. Les flammes se communiquent à des bidons d’essence qui servent à actionner la machine électrogène. En quelques minutes, tout flambe et tout saute. La commotion, l’incendie, la fumée projettent la panique et la mort dans les baraquements de bois qui s’embrasent et d’où la fuite est impossible. Des centaines de soldats tombent, asphyxiés. Ceux qui parviennent à gagner l’autre extrémité face aux Boches, hésitent à sortir sous le bombardement qui fait rage et cause de nouvelles victimes. Autour du monstrueux bûcher souterrain qui continuera plusieurs jours à consumer ses cadavres, la nuit redevient sereine. Tant de beauté au firmament, tant de douleurs sur terre !
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 2 Avr - 19:04:23

bien vu GIANT
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:24:31

moi arrive trop tard :GRRRR:

vous allez vite les enciens là :souirire: :souirire: :souirire:
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:25:52

freitas a écrit:
moi arrive trop tard :GRRRR:

vous allez vite les enciens là :souirire: :souirire: :souirire:

Tu connaissais la réponse????
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:27:19

c'est marque au dessus :souirire: :souirire:
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:32:30

Je peux vivre cent ans, je me souviendrai toujours des heures vécues dans ce ghetto, tandis qu'au-dessus la mitraille faisait rage.

Imaginez un boyau long de quinze cents mètres, large de cinq, fait pour une seule voie par où passait le chemin de fer allant de Verdun à Metz et où de 1000 à 2000 hommes travaillaient vivaient, mangeaient et satisfaisaient à tous leurs besoins!... (René le GENTIL)

Dans les premiers temps de la lutte gigantesque autour de la cité, des troupes, cherchant un abri contre le déluge de fer et de plomb, s'abritèrent là; puis, comme cela durait, des services s'installèrent au petit bonheur, à l'entrée et à la sortie.

Un jour enfin, quelqu'un constatant que ce tunnel constituait le plus sûr des abris et pouvait servir à quelque chose, décida d'y installer tous les services du secteur. Des cabanes furent aménagées par le génie qui y prit sa place, planches, tôles ondulées, toiles goudronnées furent mobilisées et formèrent les baraques qui devaient donner asile à cette fourmilière militaire, du moins aux autorités, aux services.

Avec de l'organisation, c'eût été d'une utilisation intelligente, mais... la dynamo qu'on y avait installée était trop faible et ne pouvait fournir qu'un pauvre éclairage, si bien qu'on y voyait à peine et qu'on manquait à chaque pas de glisser sur le bout des traverses de la voie ; mais, chose pire, l'eau manquait absolument, car un seul robinet existait au milieu du tunnel; et ceux qui venaient la étaient condamnés à rester des dix, voire douze et quinze jours sans se nettoyer, malgré les pires besognes à accomplir.

C'est ainsi que j'ai vu de nos hommes, qui venaient de s'infecter les mains en transportant des cadavres délabrés, être obligés de manger sans pouvoir se laver. Et quand je demandai pour eux un désinfectant quelconque l'aimable pharmacien (Il fut tué quelques jours après), chargé de ce service, me fit des reproches amers. Je compliquais les choses en réclamant ainsi !

Ah !! l'hygiène du tunnel de Tavannes, transformé en égout humain!

Après deux ans de guerre et cinq mois que durait la lutte devant Verdun, on n'avait pas encore pu installer quelques ventilateurs renouvelant l'air méphitique qu'on y respirait, ni le désinfecter en vaporisant quelque chlorure.

Au milieu, vous entendez bien, juste au milieu des couchettes étaient les latrines !

On eût pu se servir d'une double série de tinettes désinfectées, emporter les pleines, mettre les vides à leur place. C'eût été trop simple et propre. Les territoriaux vidangeurs les tiraient, vidaient leur contenu dans des boîtes rectangulaires à brancards munies de couvercles qui s'adaptaient rarement, et les remettaient en place... emportant le long du tunnel leur marchandise empuantant l'atmosphère!

J'ai vu faire cette besogne, tandis que les hommes mangeaient leur soupe - dans des gamelles ou assiettes qu'ils ne pouvaient, faute d'eau, nettoyer - à côté d'eux !

Après les différents services, les hommes s'installaient comme ils pouvaient... sur la voie même du chemin de fer, dans le noir complet, la vermine et la saleté. Il y avait bien eu un timide essai de cadres treillagés qui avaient servi de couchettes, mais ils étaient défoncés, abîmés, et les divisions se succédant rapidement, hélas! nul ne s'inquiétait de les remplacer ; toutefois, voulant dégager le bas, le génie du secteur avait commencé l'installation, à mi-hauteur du tunnel, d'un premier étage en plancher; là gîtaient les territoriaux ; mais comme il n'y avait pas de place pour tout le monde, cela ne faisait qu'augmenter encore, pour ceux qui étaient en dessous, le grabuge infernal et la saleté qu'on n'avait plus seulement aux pieds, mais encore sur la tête; car, par les planches mal jointes, la terre tombait sur ceux qui se trouvaient là.

Quant à reposer, à dormir un moment, à moins d'être sourd, il n'y fallait songer. Les cabanes contenant les services et les abris des chefs prenant, avec la voie, tout le côté droit du tunnel, il ne restait guère, pour aller et venir, qu'un espace de 1,15m, du côté gauche.

Or, c'est par cet étroit chemin que passaient tous les groupes, les troupes allant relever celles qui attendaient, les territoriaux et le génie montant au « travail » avec leurs outils ; c'est par cet espace où, à la file, se suivaient parfois pendant des heures des centaines et des centaines d'hommes, qu'il fallait assurer, dans des conditions pénibles, l'évacuation des blessés, -- quelquefois des cadavres - qu'on amenait des lignes, et qu'on évacuait ensuite sur le « Cabaret Rouge », relais automobile, à près de deux kilomètres de là, et ce, à bras.

Double manœuvre pénible où des hommes, souvent éreintés par le chemin fait sous les obus et pouvant à peine regarder à terre, manquaient à chaque pas de glisser sur les traverses ou les rails d'un petit Decauville qui ne fonctionnait pas! ... naturellement.

On aurait pu, évidemment, mettre les postes de secours et celui des brancardiers au commencement du tunnel; l'évacuation eut été plus rapide, les blessés et ceux qui les portaient y auraient gagné, le service aussi, mais cela encore eut été trop simple, et on les avait logés à deux cents mètres à l'intérieur!

On aurait pu, puisqu'on avait installé un Decauville qui allait jusqu'au « Cabaret rouge », s'en servir, évacuer par ce moyen, mais on ne jugeait pas ce système assez long et compliqué.

Au milieu du tunnel, il y avait même un dépôt de munitions et, chaque soir, nous nous demandions anxieusement si les territoriaux qui passaient, en transportant les caisses de grenades sur leurs épaules au moyen d'une perche qui fléchissait sous le poids, n'allaient pas glisser et laisser choir leurs terribles citrons de fonte !

Un jour, on entendit une explosion : un madrier était tombé sur une caisse de grenades; il y eut un tué et deux blessés.

Le lendemain, en mettant de l'ordre dans notre poste, j'ouvris une caisse qui nous servait de siège et sur laquelle je faisais mon courrier ; il y avait là tout ce qu'on voulait, et même ce qu'on n'eût pas voulu ; de vieux masques contre les gaz, des paquets de pansements individuels, des biscuits et... des grenades chargées. Je les fis enlever par mon brave Dehlinger, qui connaissait cet article.

Régulièrement, les deux ravins formant l'entrée et la sortie du tunnel étaient arrosés par la mitraille, par des projectiles qu'on n'entendait presque jamais venir, à cause du départ de nos 75 qui donnaient par batterie, sans discontinuer; aussi l'évacuation des blessés était-elle chose pénible et dangereuse. Pénible, difficile, à cause du chemin accidenté.

Représentez-vous une voie de chemin de fer avec, de chaque côté, un contre-bas, un petit espace plein de trous, de bosses, de traverses, de pierres détachées, parfois de troncs d'arbres abattus ; dangereuse, par les tirs de barrage que l'ennemi ne manquait jamais de déclencher deux, trois fois par jour, surtout aux heures de ravitaillement.

Ajoutez à cela la pluie tombant régulièrement et détrempant une terre grasse qui s'attachait aux pieds, emplissait les trous d'obus ou en creusait d'autres qu'on ne pouvait pas combler.
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:35:58

Or, sans grand travail, on eût pu établir sur la droite, un boyau spécial pour l'évacuation des blessés, au moins jusqu'au croisement de la voie, chemin le plus dangereux, jusqu'au point appelé : « La Maisonnette », habitation de l'ancien garde-voie, ouverte de tous côtés par les obus. Abrité par le talus droit, ce boyau eût facilité le transport en diminuant les risques; mais, de même que les rails du Decauville, le boyau était là pour faire penser qu'on aurait pu l'utiliser!

Ah! oui, toute ma vie je me souviendrai de ce tunnel de misère, ghetto de guerre où, par le même étroit espace, passaient l'héroïsme sanglant et les ordures, les territoriaux vidant les latrines et les ravitailleurs portant la soupe, et où les cadavres qu'on transportait bousculaient parfois les vivants !...

Demande d’envoi d’une carte plus grande par mail

Le Tombeau de Tavannes Près de mille hommes périrent le 4 septembre 1916

Blessé, évacué à Contrexéville, où, après cinq étapes et quarante heures de trajet sur le dos, j'avais trouvé un lit, de l'eau et du pain frais, le calme après la tempête, le paradis après l'enfer, je venais à peine d'achever les lignes qui précèdent sur le tunnel de Tavannes, quand, le 7 septembre, je trouvai dans mon courrier un mot de mon brave Dehlinger, daté du 3, m'annonçant que les obus avaient déjà causé des vides dans nos rangs, et se terminant ainsi

« Nous aspirons tous au repos bien gagné ».

Et un autre camarade, le sergent Monin, chimiste et, comme tel, attaché au laboratoire de toxicologie, qui se trouvait à l'autre bout du tunnel, du côté de La Lauffée-Damloup, m'écrivait

« ... Ici, sous le tunnel, toujours la vie que tu connais, nous avons été alertés deux fois par les gaz, et l'entrée a été, hier soir, sérieusement marmitée par un tir de barrage.

« La santé n'est pas brillante, mais nous espérons sortir bientôt indemnes de ce trou infect»

Mais, le dimanche 10, tandis que j'attendais la visite et goûtais de mon lit la caresse d'un rayon de soleil illuminant le parc de Contrexéville, je reçus d'un camarade ce mot laconique qui me glaça :

« MON CHER LE GENTIL,

•Comment allez-vous? J'espère que votre blessure n'aura pas de suite fâcheuse.

• Vous aurez sans doute appris l'affreux malheur? Cent-un exactement de nos malheureux camarades sont restés ensevelis sous le tunnel de Tavannes Tous morts!...

•Pauvre groupe de brancardiers déjà assez éprouvé, le voici presque anéanti !

• Comme sergents survivants, il ne reste que Kohler et Mongeot. Quelle affreuse chose que la guerre ! »

. . . .

Je restai un moment hébété, ne pouvant croire ce que j'avais sous les yeux, en proie à une émotion intérieure qui mouillait mon front.

Non, je n'avais rien su, rien appris. Comment? par qui?

Seul, ce bout de papier me révélait une catastrophe sur laquelle je n'avais aucun détail.

Mais un convoi de blessés venait justement d'arriver à l'hôtel de la « Souveraine », et des hommes de ma division me confirmèrent la triste nouvelle.

Le 4 septembre, une formidable explosion, sur la cause de laquelle on n'était pas fixé, avait eu lieu sous le tunnel, faisant près d'un millier de victimes, dont les brancardiers de la 73e division.

Ma pensée angoissée alla vers mes infortunés camarades, mon peloton, et Dehlinger qui m'avait écrit le 3, la veille ! ...

Cent-un! me disait le mot laconique.

Je songeai un instant que, peut-être, mon peloton avait été relevé. J'essayai de m'accrocher à de fragiles espoirs; mais, de la journée je ne pus penser à autre chose ; et c'est à peine s'il me fut possible de fermer l’œil.

Le lendemain matin, je reçus ce billet qui me fixa sur l'étendue du malheur:

« CHER MONSIEUR LE GENTIL,

Une bien triste nouvelle à vous apprendre! ... Joseph Dehlinger est resté «là haut» avec pas mal de camarades, cent un, quatre pelotons, et il n'y a plus aucun espoir! ... Nous restons cinq de notre pauvre peloton. Martin Camille, Boës, Vera, Pezat, l'équipe 23 qui se trouvait à Fontaine Tavannes, et moi qui, par suite d'une heureuse chance, remplaçais depuis deux jours Keller, comme vaguemestre.

« Nous sommes redescendus à Dugny, mais c'est bien triste de se voir si réduits ! ... Vous aurez probablement reçu vos colis et paquet de lettres que nous vous avons fait suivre ; le pauvre joseph me les avait remis le soir même. Je ne peux vous donner pour l'instant plus de détails.... J'espère que votre blessure est en bonne voie de guérison, mais quelle veine vous avez eue! ...

« HENRI MARTIN.»

Oui, en effet!

Pauvres malheureux camarades! Infortuné joseph Dehlinger que j'avais embrassé quelques jours avant, lorsque, évacué du tunnel de malheur au Cabaret-Rouge sur un brancard, il avait tenu à m'accompagner.

Pauvre brave joseph, déjà blessé l'année précédente au bois Le Prêtre, que j'avais connu à Toul et que sa femme et sa petite fille m'avaient recommandé et attendaient dans leur petite maison de Nancy....

Et dire que c'est à lui que j'avais confié, avec mes papiers, mes dernières volontés au cas où j'aurais été frappé à mort !

Quelle cruelle ironie du sort.

Chose curieuse, de tout mon peloton, la seule équipe sauvée était précisément celle qui, déjà, avait échappé à la mort en descendant de la «batterie de l'Hôpital» et justement celle qui m'avait évacué. Les quatre qui m'avaient porté, auxquels j'avais souhaité bonne chance ! Pourquoi, le sort n'avait-il pas de même préservé le pauvre Delhinger, seul marié et père de famille?

Et les autres? Sur vingt-quatre hommes de mon peloton, un avait été blessé deux jours après moi, un autre évacué pour maladie; quatre et un caporal restaient survivants! Dix-sept hommes et deux caporaux étaient donc restés « là-haut », dans cet antre de souffrance et d'horreur, avaient péri dans la géhenne, pauvres misérables humains auxquels, après de longs jours et de pénibles nuits de privations --car on n'était que piètrement ravitaillé, -de surmenage et de danger pour accomplir leur rude, ingrate et sanglante besogne de parias, la guerre, insatiable gouge, dévoreuse d'hommes, avait réservé un sort atroce.
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:37:18

Quelle fut la cause initiale de la catastrophe ?

Plusieurs versions en ont été données sans qu'il soit possible d'être exactement fixé.

Un mulet transportant des grenades aurait buté contre une traverse de la voie et fait choir sa terrible cargaison, provoquant, avec la panique, une explosion d'essence et l'incendie.

Un territorial portant des fusées aurait accroché les fils électriques, une cause quelconque aurait provoqué l'explosion des mines placées pour faire sauter le tunnel en cas d'avance de l'ennemi.

Or, on peut écarter cette dernière version, les cordons Bickford reliant ces mines ayant été retrouvés intacts.

Toujours est-il qu'à la suite d'un accident, le groupe électrogène placé à l'entrée sauta, causant l'incendie des baraquements où logeaient les services suivants : Poste de commandement du chef de la brigade occupant le secteur; bureaux du médecin divisionnaire et du médecin chef, du téléphone, du génie, postes de secours et de brancardiers, etc., etc. Dans cet étroit boyau où s'amoncelaient, comme à défi, les matières les plus combustibles, le feu se propagea rapidement, hélas ! et les malheureux qui se trouvaient là, guettés par la flamme et l'asphyxie, fuyaient en groupe du côté opposé.

Si la chose avait été possible, il n'y aurait eu comme victimes que celles qui se trouvaient enveloppées par le feu des premières cabanes; mais, lorsque le destin qui permet à tant de misérables et d'inutiles une longue vie de tout repos, tient en ses griffes des malheureux, il ne les lâche pas ainsi ! ...

Ces hommes, tirés de leur sommeil pour vivre le plus atroce des cauchemars, fuyaient donc, pêle-mêle vers l'autre issue, à travers les flammes, et, pour lutter contre la fumée qui, par l'appel d'air de ce long boyau, les gagnait de vitesse, la plupart avaient adapté les masques contre les gaz. Dans ce tunnel devenu le huitième cercle de l'Enfer, des centaines de damnés masqués participaient à cette course à la mort, butaient contre les traverses, tombaient sous les pieds des camarades, hurlaient le : « Sauve qui peut ! » féroce et égoïste de l'homme en danger, quand, devant eux, une terrible explosion se produisit... un feu d'artifice jaillit... trouant l'obscurité d'éclairs effroyables: c'était le dépôt de munitions qui sautait !

Le déplacement d'air fut tel que ceux qui se trouvaient à la sortie, du côté de Fontaine-Tavannes, faillirent être renversés.

Les premiers infortunés qui fuyaient de ce côté, et dont pas un n'avait encore pu franchir le dépôt de munitions, furent donc certainement renversés; la position d'un tas de cadavres, trouvés a cet emplacement, corrobore, d'ailleurs, cette hypothèse .

Feu devant, feu derrière, prise entre les flammes et gagnée par l'asphyxie, la pauvre troupe, hurlante et douloureuse vit la mort s'avancer à grands pas...

Seuls, René Birgé, secrétaire du colonel Florentin et dessinateur de la brigade, enseveli par un heureux hasard tout à l'entrée, et un homme du 8e ou 10e génie, purent être assez heureux pour échapper à la catastrophe ; dès le début, ce dernier avait pu s'évader par l'unique bouche d'air existante, en gagnant l'ouverture grâce a une échelle, et d'autres malheureux le suivaient, quand, sous leur poids l'échelle se brisa!...

Près de mille hommes périrent donc là : Etat-major de la 146e brigade, colonel Florentin en tête, officiers et soldats des 8e et 1e génie et des 24e, 98e et 22e régiments territoriaux ; médecins majors et infirmiers régimentaires des 346e, 367e, 368e et 369e d'infanterie; blessés de ces régiments qui, après de rudes souffrances, attendaient là, sur des brancards, leur transfert ; vous, médecin major Bruas que je regrette doublement, puisque je vous dois la vie, et dont, seule trace de votre fin, on n'a retrouvé que la chevalière !… Et vous, les médecins et brancardiers de la 73e division.

Lorsque, deux jours plus tard, on put déblayer l'entrée du tunnel, on ne retrouva rien, rien que des restes humains calcinés qui tombèrent en poussière dès qu'on les toucha.

Plus loin, là où le feu n'avait rien eu pour s'alimenter, il fut possible d'identifier quelques cadavres, trente seulement sur cent-un ! Ce fut â peu près la proportion pour tous les groupes anéantis en cette catastrophe.
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:38:32

De toute facon il y a plein de versions différentes :souirire: :souirire: :souirire:

j'en ait trouvé 5 :GRRRR:

et çà fatigue les o'eils a tout lire :souri:

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/tavannes.htm
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:45:15

met les lunettes :souirire: :souirire: :souirire: :souirire:
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 20:47:48

l'as encore ses bésycles :souirire: :souirire: :souirire:




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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 21:45:37

AAMUNCH a écrit:
met les lunettes :souirire: :souirire: :souirire: :souirire:

Ou prends un chien
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Jeu 3 Avr - 21:48:53

freitas a écrit:
c'est marque au dessus :souirire: :souirire:


Comme il dirait mon ami le Black " C'est pas trés Claire "
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 9 Avr - 20:44:21

freitas a écrit:
De toute facon il y a plein de versions différentes :souirire: :souirire: :souirire:

j'en ait trouvé 5 :GRRRR:

et çà fatigue les o'eils a tout lire :souri:

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/tavannes.htm

En fin de compte seul le resulta est la MAL HEURESEMENT ,quel est l'etincele qui a provoquer cette catastrophe. Esse vraiment important ?
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MessageSujet: Re: Le Tunnel   Mer 9 Avr - 20:56:25

jaguard a écrit:
freitas a écrit:
De toute facon il y a plein de versions différentes :souirire: :souirire: :souirire:

j'en ait trouvé 5 :GRRRR:

et çà fatigue les o'eils a tout lire :souri:

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/tavannes.htm

En fin de compte seul le resulta est la MAL HEURESEMENT ,quel est l'etincele qui a provoquer cette catastrophe. Esse vraiment important ?
Bonsoir avous
Mon avis quant -on s'intéresse a l'histoire tout a une importence méme si c'est relative
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